Est-il normal d’avoir peur sans raison?
Mettre des mots sur cette expérience si déroutante
DOSSIER : COMPRENDRE POUR ALLER MIEUX
ARTICLE 1 / 6 — LA PEUR SANS RAISON
Mettre des mots sur cette expérience si déroutante
Il y a des peurs qui se comprennent facilement. Lorsque l’on manque de tomber, lorsque quelqu’un freine brusquement devant nous, lorsque l’on apprend une mauvaise nouvelle : la peur apparaît. Elle nous traverse, nous met en alerte, puis finit généralement par redescendre.
Et puis il y a ces autres peurs
Celles qui s’invitent alors qu’il ne semble rien se passer de dangereux, de grave. Une peur sans raison apparente, qui s’installe sans crier gare et qui, souvent, ne repart pas aussi vite qu’elle est venue.
Comment se manifeste une peur sans raison au quotidien ?
Vous vous reconnaissez peut-être dans les situations suivantes.
👉 Le trajet en voiture qui n’aurait pourtant rien d’extraordinaire
Vous devez prendre la voiture pour vous rendre dans un endroit que vous ne connaissez pas très bien. Ce n’est pas très loin. Vous avez déjà conduit des centaines de fois. Pourtant, depuis plusieurs jours, vous y pensez. Vous regardez l’itinéraire. Puis vous le regardez à nouveau. Vous vérifiez où vous pourrez vous arrêter si vous ne vous sentez pas bien. Vous repérez les stations-service, les parkings, parfois même les hôpitaux à proximité. Sans vraiment vous en rendre compte, vous préparez déjà des solutions à un problème qui n’existe peut-être pas.
Et une petite phrase commence à tourner dans votre tête :
« Et si je panique ? »
Puis une autre :
« Et si je n’arrive plus à continuer ? »
Vous essayez de vous raisonner :
« Ce n’est qu’un trajet… »
Mais votre corps, lui, ne semble pas convaincu.
👉 Le déjeuner entre amis qui vire à l’appréhension
Vous êtes invité·e à déjeuner chez des amis. En apparence, tout est simple. Pourtant, pendant que les autres se réjouissent de passer un bon moment, votre esprit s’emballe.
« Et si je me sens mal ? »
« Et si je vomis ? »
« Et si j’ai mal au ventre ? »
« Et si je dois quitter la table ? »
Vous ne profitez pas du moment présent et vous imaginez déjà ce que vous pourriez dire pour partir plus tôt. Parfois, dès l’invitation, vous vous demandez si vous ne devriez pas annuler. Une partie de vous a envie d’y aller. Une autre espère presque qu’un imprévu vous donnera une bonne raison de rester chez vous — et parfois, vous restez chez vous.
Les conséquences invisibles de ces attitudes d’évitement
Lorsque cela arrive, vous ressentez un immense soulagement, au prix de vous isoler du monde, d’une vie sociale.
Parfois, vous allez préférer ne « pas faire », ne plus aller dans les endroits où il y a un risque que la peur revienne.
Les conséquences les plus courantes :
LA CULPABILITE QUI S’INSTALLE
Très souvent, une autre émotion apparaît : la culpabilité. Vous vous dites que vous auriez dû réussir. Que les autres n’ont pas besoin de réfléchir autant avant de sortir de chez eux.
LE SILENCE, PAR PEUR DU JUGEMENT
À force, il arrive que l’on cesse d’en parler. Non parce que la peur a disparu. Mais parce que l’on redoute les réactions :
« Tu te fais trop de soucis. »
« Il faut arrêter d’y penser. »
« Tu devrais te changer les idées. »
« Quand on veut, on peut. »
« Il suffit de le vouloir. »
Si ces phrases suffisaient, vous n’auriez probablement plus besoin de lire cet article. Le plus difficile n’est d’ailleurs pas toujours la peur elle-même. C’est de ne plus se reconnaître et de ne plus être capable de faire ce qui nous semble rationnel.
Comprendre la logique de la peur pour ne plus se sentir impuissant(e)
Aujourd’hui, certaines décisions semblent demander une énergie considérable. Vous vous sentez impuissant·e, figé·e dans votre peur. Et cela peut être déroutant.
« Pourquoi suis-je devenu·e comme ça ? »
« Pourquoi moi ? »
« Est-ce que c’est normal ? »
CE QU’IL FAUT RETENIR
Ces questions sont fréquentes, et elles méritent mieux qu’une réponse rapide car, contrairement à ce que vous pensez peut-être, votre peur n’est pas sortie de nulle part. Elle n’est pas un signe de faiblesse. Elle n’est pas non plus la preuve que vous êtes en train de perdre le contrôle.
Ce que vous ressentez a une logique. Pas toujours une logique visible. Mais une logique malgré tout.
Ce que nous allons explorer ensemble dans cette série
C’est ce que nous allons explorer dans cette série d’articles. Lorsque l’on comprend enfin ce qui se passe en soi, on porte souvent un regard différent sur ce que l’on vit. Et c’est parfois à partir de ce moment-là que les choses commencent doucement à évoluer.
POUR ALLER PLUS LOIN — ARTICLE 2 / 6
EST-CE VRAIMENT UNE PEUR SANS RAISON ? → Article à venir Pourquoi le cerveau déclenche-t-il une alarme?
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